Notre constat : l'abus de l'argument écologique par le secteur publicitaire et un contrôle très insuffisant
De plus en plus de publicités font une utilisation abusive, voir mensongère, de l'argument écologique en vantant les qualités écologiques d'activités et de produits en réalité polluants. Cet usage, qui trompe le consommateur sur la réalité du produit, a plusieurs conséquences :
- Le consommateur n'est pas orienté vers les produits les plus écologiques et ne change pas ses comportements de consommation;
- Les entreprises ne changent pas vraiment leurs produits et services et se contentent d'y ajouter une touche écologique qui sera mise en valeur via la publicité ;
- Cette situation vient à l'encontre des efforts de sensibilisation faits par les associations de protection de l'environnement pour changer nos comportements de consommation.
Ces problèmes revêtent une gravité particulière à l’heure des grands bouleversements écologiques que connaît notre planète (changement climatique, disparition des espèces, impacts prévisibles sur les populations humaines...), alors même que les habitudes actuelles de consommation dans nos pays riches sont la raison principale de ces problèmes (gaspillages, pollutions, déchets, boulimie énergétique...).
Sur la base de ce constat, deux questions ont émergé :
D'une part, se pose la question de la réalité de l'engagement des entreprises en faveur du développement durable : telle grande marque de détergent vantera sa lessive utilisable à froid comme moins consommatrice d'énergie (ce qui est vrai), mais sans faire de vrai effort sur sa formule, toujours aussi polluante pour les milieux aquatiques (Ariel), alors que la marque Ecovert arrive à de bien meilleurs résultats.
D'autre part, la question, qui découle de la première, est celle de la réalité du contrôle des publicités mis en place par le secteur publicitaire lui-même.
Le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP) assure l'autodiscipline de la profession publicitaire en France. Mais pour les raisons suivantes, le BVP n'empêche pas de nombreuses publicités de véhiculer un discours trompeur :
- Il s'agit d'une structure juge et partie
- L'adhésion au BVP est facultative et, sauf pour les publicités télévisées, il ne contrôle que les publicités qui lui sont soumises volontairement
- Le secteur publicitaire ne respecte pas suffisamment sa propre déontologie professionnelle
- Le contrôle par le BVP du respect de cette déontologie est insuffisant
- Les avis du BVP sur les publicités qui lui sont soumises sont non contraignants
- Le BVP n'a pas de vrais moyens de coercition et de sanction
- Le BVP n'a pas de responsabilité juridique quant aux avis qu’il donne
Les objectifs de l'Alliance, en réaction à ce constat :
- De mettre fin à l'usage infondé de l'argument écologique dans les publicités
- D'obtenir un changement de comportement des annonceurs et des publicitaires
- D'obtenir une réforme en profondeur du système de contrôle des publicités
- De faire prendre conscience de l'impact général de la publicité sur l'environnement : surconsommation, pollution, incitation à des comportements non écologiques...